Interviews d’anciens

Mélissa Gérard (Promo 2016-2017) 

Ton expérience ?

Lorsque vous êtes accepté dans le programme , vous êtes tenus d’assister au moins à une « summer school » du programme, qui consiste en un séminaire de quelques jours sur un thème européen. Personnellement, j’ai eu la chance d’assister à un séminaire de 4 jours à Prague sur le thème « la montée des populismes », dans un environnement international (avec des étudiants néerlandais, polonais, tchèques, français, espagnols, italiens, serbes, anglais). Cette expérience a été absolument formidable, certainement l’une des meilleures de ma vie, du point de vue intellectuel mais aussi social.

Concernant le programme d’échange lors du premier semestre, j’ai eu l’occasion d’étudier à l’université Jagiellonian de Cracovie, au sein de son Centre for European Studies. Ce fût là aussi une excellente expérience. J’y suis restée d’octobre à fin janvier, et ai dû assister à 8 cours (ce nombre est fixé par Paris I) sur des sujets allant de la théorie de l’intégration européenne, des sujets justice et affaires intérieures au sein de l’UE à l’économie de l’Europe centrale et la finance internationale. Le choix des cours est plus restreint qu’à Paris I, et composer son emploi du temps n’est pas forcément facile étant donné que nous sommes les seuls dans cette situation à l’Université Jagiellonian et que la plupart des étudiants doivent assister à moins de cours.

Sur le déroulement des cours, je dirais qu’il s’agit de méthodes beaucoup moins « scolaires » qu’à Paris I. Il n’y a aucun cours magistral. A Cracovie, les étudiants en étude européenne sont sans cesse sollicités et invités à s’exprimer et à participer activement à la leçon. Chaque cours est l’occasion d’une présentation donnée par un ou plusieurs étudiants, et par de nombreux débats. Si le volume de travail à fournir est moins important qu’à Paris I, il faut toutefois s’attendre à un fournir un travail conséquent avant chaque cours ; avec plusieurs textes à lire, des exercices en ligne, des présentations individuelles ou en groupe etc.

Bien entendu, je conseille fortement aux étudiants tentés par l’aventure de s’assurer que leur niveau d’anglais est suffisant ; certains cours assez ardus (finance, économie), nécessitent de très bonnes bases pour éviter de perdre le fil, et la quantité de textes à lire et d’essais à produire demande une excellente maîtrise de la langue.

Pourquoi avoir choisi le parcours Vaclav Havel du master d’affaires publiques européenne ?

J’ai choisi d’intégrer ce programme d’abord par sa veine européiste. Je crois profondément en l’Europe et souhaite y vouer ma vie professionnelle, et j’étais donc naturellement tentée par cette idée de rejoindre un programme pleinement européen, rassemblant des étudiants de toutes les nationalités habités par cette même conviction européiste.

Ensuite, j’étais particulièrement enthousiaste à l’idée d’un nouveau séjour à l’étranger, après avoir passé un an en Irlande du Nord. Partir à l’étranger est une formidable opportunité de s’ouvrir aux autres, de profiter d’un nouvel angle de vue sur les questions européennes, de développer son esprit critique. Par exemple, l’Europe de l’Est est très souvent mal connue et peu étudiée ; y étudier permet de pallier le biais occidentalo-centré que l’on peut facilement adopter en restant 5 ans dans la même université française.

Par contre, partir en échange suppose aussi de manquer l’occasion de participer à la « vie de promo » du Master II de Paris I, qui est généralement une promotion assez soudée puisque composée de peu d’étudiants. Je dois avouer que cela a été pour moi un grand regret, même si j’ai eu l’occasion de rencontrer mes camarades par la suite.

En quoi cette formation est un atout pour ce que tu veux faire dans la vie professionnelle ? 

Je pense que pour quiconque souhaite travailler dans les affaires européennes, une expérience à l’étranger est un préalable nécessaire. Mes deux expériences à Belfast et à Cracovie donnent donc, je pense, une crédibilité à mon CV, ne serait-ce qu’en termes de langues.

Cette expérience démontre aussi que la personne est volontaire, débrouillarde et ouverte, ce qui ne peut là encore pas faire de mal sur un CV lorsqu’il s’agit de départager des candidats.

A qui conseillerais-tu ce cursus particulier ?

Je conseillerais ce cursus à tout étudiant ayant un niveau d’anglais solide (comme je l’ai dit, c’est une condition absolument nécessaire pour s’assurer de réussir son semestre).

Regardez toutefois bien les cours dispensés à Paris I, qui sont pour la plupart passionnants et pourraient éventuellement vous tenter davantage que ceux dispensés à Prague ou à Cracovie.

Et ton stage ?

Je travaille actuellement au SGAE, secteur Libre circulation des personnes, pour un contrat de 6 mois.